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din226, aluminium

Alu 2nde fusion : le DIN décroche

Posté par : Christophe Véron 27.04.2020

La nouvelle a fait l’effet d’une véritable douche froide : la cotation du lingot DIN 226, une qualité équivalente à l’AS9U3, a essuyé en fin de semaine dernière une chute de… 100 euros, à 1250/1320 euros. Pour mémoire, elle avait progressé de 20  euros au cours de la semaine précédente.

Pour autant les opérateurs continentaux relativisent cette baisse. L’un d’entre eux nous confiait en début de semaine considérer que « ce recul n’est pas significatif. Les volumes échangés sont dérisoires ». De fait, les affineurs attendent avec impatience que les constructeurs automobiles redémarrent leurs activités. Pour le moment, force est de constater qu’au-delà des effets d’annonce, ils tergiversent. Dans ces conditions, articuler un prix réaliste du lingot est un défi bien difficile à relever. Ainsi, quand certains producteurs parviennent encore à placer quelques tonnages à 1320/1350 euros en fonderies, ils se voient proposer 1200/1250  euros par certains négociants. Constatons une chose : pour la première fois depuis longtemps, la cotation DIN est à peu de chose près identique à la cotation AS9U3 de La Tribune des Métaux (1250/1300 euros).

Reste que cet effondrement du DIN n’a pas grande signification. D’autant que les situations sont passablement contrastées à travers le monde. Ainsi, aux Etats-Unis, le quasi-arrêt de la production automobile pour cause de Covid-19 n’a pas eu un impact significatif sur la cotation de l’alliage A380 pour la simple et bonne raison que les affineurs américains ont considérablement réduit leur production. Pour eux, c’est une question de survie. L’un d’entre eux déclarait récemment : « Quand il n’y a pas de volumes, c’est folie de réduire les marges. Et de toute façon, il faudra payer cher les déchets à enfourner puisqu’il y en a très peu de disponibles sur le marché. » A noter que ce constat est à peu près partagé par les producteurs chinois qui rencontrent eux-aussi de grosses difficultés pour approvisionner leurs affineries, faute de déchets.

Côté déchets, il est donc toujours aussi difficile d’articuler des prix sur le marché français. Les transactions sont rarissimes et les volumes proposés extrêmement ténus. Compter 530/600 euros pour du carter ordinaire ou de la casserole, 800 pour des alu neufs mêlés, 1000/1050 pour des jantes alu, 970/1020 pour des offset, 700/800 pour des AGS mêlés.

Côté belles qualités, là également, les transactions sont réduites à la portion congrue. La marché reste toutefois soutenu en théorie par la consolidation du cours lowest à Londres qui gagne une trentaine d’euros sur une semaine.

 

Cuivreux : quid des disponibilités ?

Sur le marché des déchets, les chantiers européens rouvrent les uns après les autres. Certains n’ouvrent que le matin, histoire de prendre la température. « On fait de très belles matinées. Reste maintenant à voir combien de temps cela va durer », nous confiait mardi un marchand français. Le fait est que rien n’est moins certain, car le risque est grand que les tonnages actuellement apportés sur chantiers soient le fruit de trois ou quatre semaines de ‘chine’ ou de ménage dans les usines et chez les artisans. « Les disponibilités en déchets, voilà la question clé pour les mois à venir », prévient un observateur français. En France, on note une certaine disparité des prix remis pour du cuivre mêlé. Des usines italiennes « bourrent les prix », expliquait en fin de semaine dernière un vendeur sollicité. Sur la base d’un lowest à 4775 euros compter ainsi entre 4130 et 4200 euros. La dépose oscille entre 4450 et 4500 euros.

 

Les autres…

Hausse des prix des déchets d’inox, soutenus par la bonne tenue du nickel et la grande exportation. Compter en moyenne 930/970 euros pour de la mitraille de 18/8 ; 1330/1370 pour de la mitraille de 18/8-Mo. Le F17 vaut 270/300 euros ; le F13 190/200.

Pour le moment, les usines de vieux zinc ne se précipitent pas sur les quelques lots proposés. Le prix moyen oscille autour des 1570 euros.

Enfin,  tassement pour les déchets de vieux plomb, à 1350/1380 euros. Les batteries suivent à 530 euros.