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Alcoa aluminium Elysis

Alcoa : 1,1 milliard de dollars de pertes en 2019

Posté par : Gaëlle Le Huérou 17.01.2020

L’aluminium « bas carbone » débute sa commercialisation et, avec elle, se fait ressentir le besoin de la création d’une prime. 

Alcoa espère que le marché va prochainement créer des primes pour l’aluminium « bas carbone » distinctes de celles existantes pour l’aluminium traditionnel. Le groupe a réalisé le mois dernier ses premières ventes d’alu « bas carbone » à Apple, un métal produit au sein de la joint venture Elysis qu’il a formée avec le groupe anglo-australien Rio Tinto.

« Cela a une importance significative que les premières ventes aient été effectuées à destination d’Apple, cela signifie que la demande va être élevée. En tant que fabricant d’aluminium, ce que nous avons à faire, et je sais que d’autres ont cette volonté également, c’est de créer un marché », s’est exprimé Roy Arvey, dg de Alcoa, en marge d’une présentation téléphonique de ses résultats, qui ajoute que « à un moment donné que le besoin de cette prime deviendra réel. En revanche, à ce stade, je n’ai aucune idée de la valeur que celle-ci devrait avoir ».

Alcoa a évoqué le projet Elysis  pour la première fois en mai 2018. Il rassemble les activités de production d’aluminium hydroélectrique et de raffinage de bauxite et d’alumine via des technologies moins émettrices en dioxyde de carbone que les industries traditionnelles. Alcoa estime que l’aluminium produit par Elysis sera le « métal le moins émetteur de la planète ». Les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas prises en compte dans les primes nouées sur les lingots P1020.

S’agissant des perspectives 2020, Alcoa table sur une progression des ventes de bauxite, d’alumine et d’aluminium. Pour ce dernier, le groupe parie sur le redémarrage de l’aluminerie Bécancour au Canada qui devrait retrouver sa pleine capacité de 413.000 tonnes au second trimestre.

 

« Prudemment optimiste » pour la demande

Le producteur est par ailleurs prudemment optimiste quand il s’agit de la demande : « l’an dernier, nous avons revu à la baisse notre prévision de croissance de la demande mondiale, hors Chine, pour 2019, principalement en raison des tensions commerciales, de la baisse des volumes d’échange et du tassement de l’activité manufacturière, surtout en Europe et en Amérique du Nord. Pour cette année, en revanche, nous prévoyons un rebond de la demande en Chine et ailleurs dans le monde. Si l’économie mondiale s’est révélée être un véritable challenge pour l’industrie de l’aluminium, pour 2020, nous sommes prudemment optimistes quant à la croissance de la demande en 2020 », a indiqué le dg.

La croissance de la demande aux Etats-Unis devrait elle rester très modérée cette année, prévoit en revanche Roy Arvey, l’industrie manufacturière étant encore à la peine. La faiblesse du secteur manufacturier américain additionnée au retour du producteur russe Rusal sur le marché ont pesé sur le marché des primes négociées outre-Atlantique sur  les produits à valeur ajoutée l’an dernier.

Les pertes s’accumulent pour le géant américain de l’aluminium

Côté résultats, le producteur a une nouvelle fois creusé ses pertes au quatrième trimestre 2019, période au cours de laquelle il a fait part de premières cessions dans le cadre de sa « revue stratégique » annoncée en octobre.

Les pertes du groupe atteignent désormais 303 millions de dollars, contre un bénéfice net de 51 millions de dollars à la même période l’an passé. Au troisième trimestre, Alcoa avait rapporté une perte nette de 221 millions.

Le chiffre d’affaires du trimestre chute de 27 % par rapport à celui du quatrième trimestre 2018, à 2,4 milliards de dollars. Il est en ligne avec ce qu’attendaient les analystes.

Sur l’ensemble de l’année 2019, la perte nette d’Alcoa est de 1,1 milliard de dollars, alors que le groupe avait réalisé l’an passé un bénéfice net de 250 millions de dollars. Le chiffre d’affaires est également en baisse, de 22 %, à 10,4 milliards de dollars, proche des 10,52 milliards attendus par les analystes.

Le groupe attribue principalement ce recul à la baisse des prix de l’aluminium, la demande ayant ralenti en raison des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis et la contraction du secteur manufacturier américain, principalement dans l’automobile.

Alcoa avait annoncé en octobre dernier procéder à une revue stratégique prévoyant la vente d’actifs non stratégiques et la cession prochaine de fonderies, dans les 12 à 18 prochains mois, afin de générer entre 500 millions et 1 milliard de dollars nets. Des premières décisions ont ainsi été annoncées au cours du quatrième trimestre, avec notamment la fermeture d’une fonderie d’aluminium au Texas, qui a permis de dégager 246 millions de dollars sur le trimestre, et des mesures sur les pensions. La vente au français Veolia de son site de traitement de déchets dangereux dans l’Arkansas, annoncée le 2 janvier, devrait rapporter 250 millions de dollars.