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Métaux non-ferreux : le cuivre recule… malgré ses fondamentaux

Posté par : Christophe Véron 30.03.2021 à 15h30

Le cours du cuivre échangé sur la Bourse des métaux londonienne (LME) a légèrement baissé cette semaine mais restait proche de ses précédents records de fin février.

« Bien que les perspectives à long terme pour le cuivre restent solidement haussières, le marché a perdu de son élan », constate Ole Hansen. Cette méforme du métal rouge « est en partie le résultat de la force du dollar et de la faiblesse des commandes de biens durables », a affirmé Alastair Munro, de Marex Spectron. Le billet vert s'est en effet apprécié depuis huit jours, de près de 1% face à un panier de monnaies, une situation qui a tendance à peser sur le prix des matières premières qui deviennent mécaniquement plus chères pour les acheteurs munis d'autres devises.

Le Groupe d'étude international du cuivre (ICSG) a par ailleurs publié la semaine dernière son dernier rapport mensuel et chiffré à +13% l'augmentation de la demande apparente de cuivre en Chine sur l'ensemble de l'année 2020. Ce document « a aussi montré que le cuivre avait connu en décembre son premier excédent d'offre sur un mois depuis mars », a pointé Daniel Briesemann, de Commerzbank, même si l'année dernière traduit un déficit d'environ 560.000 tonnes. Fortement utilisé dans l'industrie, notamment pour la confection de circuits électriques, le cuivre est également connu pour refléter l'état de santé de l'économie mondiale, d'où son surnom de Docteur Cuivre (Dr Copper). Toutefois, les stocks de cuivre des entrepôts du LME totalisent actuellement 132.050 tonnes, soit 80 % de plus que les niveaux de début mars. Cependant, le niveau des cancelled warrants, le métal réservé prêt à être livré, s’élève à 28 %, détenus en grande partie par deux grandes entreprises, et fait craindre des tensions sur les disponibilités sur le LME

En mars, le métal rouge n’a que peu évolué : à ce jour, le cours de référence a perdu 2,5 % depuis le début du mois. La hausse qui l’avait propulsé à des niveaux record en février a été stoppée par la progression des stocks et la baisse des primes en Chine. Mais dans l’ensemble, les fondamentaux restent bons pour le cuivre et les autres métaux, la demande étant attendue en hausse dans les prochains mois, avec le retour tant espéré à une vie sans Covid-19. Rapidement, cette demande devrait s’accélérer en Chine où le deuxième trimestre est traditionnellement une période de forte activité.

Sur une semaine, le cuivre abandonne près de 180 dollars et passe sous la barre des 8.850 contre plus de 9.000 huit jours plus tôt.

En revanche, l’aluminium est en pleine forme, avec un gain de 250 dollars en cinq séances, à 2235 dollars. D’aucuns cherchent quelque explication pour justifier une telle envolée. « Le métal léger était clairement en retard par rapport au reste du marché. Cette correction est donc normale et était attendue », a commenté François Saint-Guily, analyste pour l’IMS. Le zinc abandonne 50 dollars à 2.800 dollars, le plomb  en cède 30, à 1.945 dollars, l’étain en perd 500 à 25.300 dollars et le nickel ferme la marche avec un repli modeste de 250 dollars à 16.250 dollars.

Côté précieux, la tendance est également à la baisse, conséquence de la robustesse du dollar. « L’or souffre quelque peu du raffermissement du dollar et des marchés actions. A l’approche de la fin du mois, nous constatons également des prises de bénéfices » a indiqué Michael Hewson, analyste chez CMC Markets.

 

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