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Métaux non-ferreux : le FMI peine à convaincre le marché

Posté par : Christophe Véron 13.04.2021 à 12h10

Au cours de la semaine écoulée, calme et écourtée pour cause de long week-end pascal, les investisseurs n'ont pas eu beaucoup d'indicateurs économiques à se mettre sous la dent. Seul le Fonds monétaire international (FMI) est venu dynamiser les métaux industriels en révisant à la hausse ses prévisions de croissance pour la Chine en 2021 et relevant que le pays avait « déjà retrouvé son niveau pré-pandémique » contrairement à beaucoup d'autres. Premier pays touché par le coronavirus qui avait paralysé son économie et plombé l'activité début 2020, le premier importateur mondial de matières premières a finalement enregistré une croissance positive l'an dernier (+2,3%). Cette année, la Chine devrait voir son produit intérieur brut (PIB) progresser de 8,4%, selon les prévisions du FMI, son rythme le plus rapide depuis 2011.

Parallèlement, côté devises, le billet vert a enregistré sa plus mauvaise semaine de l’année, rendant les matières premières libellées en dollars moins onéreuses pour les détenteurs d’autres devises. La monnaie américaine a été soumise à rude épreuve après la publication d’indicateurs plus robustes que prévu en Europe, de chiffres de l’emploi décevants outre-Atlantique et les déclarations de la Fed qui a réaffirmé sa volonté de maintenir une politique monétaire accommodante.

Dans ce contexte, le cours de l'aluminium est le seul à s’être apprécié, titillant son précédent record du 26 mars lorsqu'il avait atteint 2.301 dollars la tonne sur le London Metal Exchange (LME), une première depuis juin 2018.

Le cuivre reste pour sa part clairement sous pression : les stocks sont effectivement orientés à la hausse un peu partout dans le monde — dans les entrepôts du LME, ils se sont hissés lundi à 165.625 tonnes, leur plus haut depuis le 11 novembre dernier, tandis que ceux conservés dans les magasins du ShFE évoluent à un sommet de 11 mois. Surtout, les professionnels ont accueilli avec une certaine inquiétude les dernières annonces du Premier ministre chinois Li Keqiang, qui a promis des mesures de régulation du marché plus strictes pour les matières premières.

A l’inverse, la bonne nouvelle pour les cours du cuivre, c’est que les importations chinoises ont totalisé 1,44 million de tonnes au premier trimestre, un niveau en hausse de 11,9 % sur un an… Et qui n’avait plus été atteint depuis 2008, annonce-t-on chez Reuters. A 552.317 tonnes, ces importations ont bondi de 25 % en mars sur un an (441.926 tonnes en mars 2020). A noter que d’après le pdg de Codelco, les cours du cuivre devraient rester solides mais la propagation des nouveaux variants du coronavirus pourrait engendrer davantage de volatilité sur le marché. « Les cours du cuivre s’accrochent à la barre des 9.000 $/t, et pas à celle des 8.000 $, ce qui témoigne de sa robustesse », estime Pour sa part Guy Wolf, analyste pour Marex Spectron. « Les perspectives sont incertaines, le facteur clé est la vaccination contre la Covid-19. Le marché repartira quand celle-ci aura permis de stopper la propagation du virus », poursuit-il. Conséquence de ce manque de visibilité, le cuivre titillait le seuil des 8.800 dollars ce mardi matin, en baisse de près de 200 dollars sur une semaine. Le nickel abandonne pour sa part 400 dollars, à 16.135 dollars. Le zinc cède 100 dollars, à 2.737 dollars, tandis que l’étain en perd 350, à 25.550 dollars. Seul le plomb s’en tire mieux, puisqu’il fait du quasi sur-place, à 1.955 dollars.

 

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