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Métaux de base : la fête est finie, retour vers le réel

Posté par : Christophe Véron 21.09.2021 à 11h45

Les flonflons du bal se sont tus…Le temps est venu pour les valseurs de reprendre leurs esprits. Et chacun de se rendre compte qu’une fois le Covid sous contrôle, on retrouvera les conditions économiques qui prévalaient avant la crise sanitaire… au mieux ! D’où les prises de bénéfices constatées ces derniers jours.

Le cours de l'aluminium, qui avait atteint un plus haut depuis 2008 en début de semaine dernière, a reculé, victime, à l’instar des autres métaux, de l’appréciation du dollar. Pour mémoire, le métal léger avait été dopé ces dernières semaines par une hausse des prix du charbon, et donc de l'électricité, en Chine: les fonderies de ce métal sont particulièrement énergivores. Par exemple, Yunnan Aluminium, une filière de Chinalco, a réduit sa prévision de production d’aluminium pour 2021 de plus de 500.000 tonnes, soit 18 %, suite aux mesures gouvernementales pour limiter la consommation énergétique et la production. Parallèlement, les importations chinoises de métal léger ont chuté de 20,7 % entre juillet et août (-42,4 % sur un an), touchant le mois dernier leur niveau le plus faible depuis mai, à 247.547 tonnes tous produits confondus. De leur côté, les importations chinoises de bauxite ont reculé à 8,7 millions de tonnes en août, un niveau en retrait de 15,1% sur un an, et de 5,9 % sur un mois.

Par ailleurs, un coup d'Etat en Guinée, grand producteur de bauxite, minerai qui est transformé en aluminium, a nourri les inquiétudes du marché. « La situation en Guinée va se stabiliser, et la pression des prix de l'énergie chinoise va se dissiper, donc le cours de l'aluminium va se calmer » en 2022, estime Bernard Dahdah, analyste chez Natixis. A plus long terme, l'aluminium comme le nickel profiteront de leur emploi dans l'industrie des énergies renouvelables, ajoute-t-il. Sur une semaine, le cours lowest LME de l’aluminium reste globalement stable, à 2.875 dollars.

De son côté, le cuivre a lui aussi reculé sur la semaine. Le cours lowest LME  perd 300 dollars, à 9.125 dollars mardi matin. « Le Dr. Copper » comme on surnomme le métal rouge en raison de son rôle de prédicateur de la santé économique mondiale « reste sur des perspectives de demande élevée, mais qui sont remises en question par l'essoufflement du secteur immobilier chinois, une source cruciale d'achats », commente Ole Hansen, analyste chez SaxoBank. Le cuivre a reculé à un niveau plus vu depuis 1 mois sur le LME mardi matin, dans le sillage des marchés financiers qui ont essuyé une importante vague de ventes. Les marchés sont en effet inquiets de la situation d’Evergrande Group, le géant chinois de l’immobilier, qui se rapproche d’un défaut de paiement, et qui fait craindre un « effet domino ».

La correction est à peu près du même ordre pour le nickel, revenu lundi matin sous la barre des 19.000 dollars après une ascension vendredi à 20.000, un sommet de quasiment sept ans — une flambée liée à l’annonce que l’Indonésie envisageait de taxer ses exportations de produits contenant a minima 70 % de nickel, de quoi raviver sérieusement les craintes sur l’évolution des disponibilités.

Le plomb et le zinc ont été affectés par le recul du complexe. Seul l’étain progresse de 300 dollars, à 33.900 dollars.

 

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