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Métaux non-ferreux : fragile correction

Posté par : Christophe Véron 06.07.2021 à 10h45

Depuis le début de cette semaine, les fonds d’investissement sont à la manœuvre sur les marchés des métaux, où les premiers achats ont semble-t-il été déclenchés par les bons chiffres de l’emploi américain au mois de juin. Surtout, les réserves stratégiques de cuivre finalement mises aux enchères les 5 et 6 juin par Pékin pour faire baisser les cours ne sont pas si importantes que prévu : on parle ainsi de 20.000 tonnes de métal rouge, là où les réserves chinoises sont estimées entre 1,5 et 2 millions de tonnes. Cela représente 2,3 % seulement de la production de mai dans l’Empire du Milieu. Pour mémoire, il est également prévu que la Chine mette en vente 30.000 tonnes de ses réserves stratégiques de zinc, et 50.000 tonnes d’aluminium.

On ne perdra pas de vue que le cours du cuivre a reculé la semaine dernière, les investisseurs ayant parié sur une hausse de l'inflation amoindrissant leur pari. « Sur les deux derniers jours du trimestre, les cours étaient sous pression car les paris sur l'inflation sont liquidés », avait alors commenté Al Munro, investisseur chez Marex. Il note par ailleurs que le cuivre est récemment très sensible au cours du dollar. Comme ce dernier est en hausse, les investisseurs utilisant d'autres devises doivent débourser plus pour acquérir le métal rouge. Le cuivre a également souffert du léger ralentissement de l'activité en Chine, premier consommateur mondial: l'indice d'activité des directeurs d'achat (PMI), calculé par le cabinet IHS Market pour le groupe de médias Caixin, s'est établi à 51,3 points en juin contre 52 en mai.

Par ailleurs, la croissance du secteur manufacturier américain (ISM) a un peu ralenti en juin. « Cela met les cours des métaux sous pression », commente Daniel Briesemann, analyste chez Commerzbank.

Le cuivre, qui sert à confectionner les câbles électriques d'industries aussi variées que l'automobile, l'immobilier et l'électroménager, dépend particulièrement des indicateurs industriels. Et si l'offre paraît un peu plus terne, la production reprend de plus belle : « au Pérou comme au Chili (les deux premiers producteurs mondiaux), les productions renouent avec leur niveau d'avant la pandémie », souligne M. Briesemann. « Les investisseurs sont actuellement derrière les mouvements du cuivre, mais la croissance chinoise ralentit, les stocks augmentent en Chine et au-delà de ça, l’approvisionnement minier se développe », a souligné Dan Smith, analyste chez Commodity Market Analytics. Même prudence affichée par Edward Meir, analyste chez ED&F Man Capital Markets, pour qui les perspectives du métal rouge pourraient être affectées par les nouvelles mesures de confinement en Asie, d’une part, et la santé du marché physique chinois, d’autre part.

Autant d’éléments qui incitent à la prudence et à ne pas prendre la récente remontée du cours comme définitivement acquise.

Les autres métaux se sont globalement inscrits dans le sillage du métal rouge. L’aluminium HG (high grade) gagne ainsi une cinquantaine de dollars à 2.540 dollars mardi. Belle progression également pour l’étain qui conforte ses positions et se rapproche des 32.000 dollars, à 31.880 dollars à l’heure où nous écrivons ces lignes. Il gagne ainsi  plus de 700 dollars sur une semaine. Le zinc se contente de quelques dizaines de dollars pour venir titiller la barre des 2.950 dollars. Le plomb ne fait guère mieux, avec un gain de seulement 15 dollars en cinq séances, à 2.305 dollars. Le nickel gagne 300 dollars à 18.500 dollars. A noter les bonnes performances de l’or  qui joue son rôle de valeur refuge face au variants du Covid, à près de 1.800 dollars.

 

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