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Métaux non-ferreux : Stop ou … encore ?

Posté par : Christophe Véron 08.12.2020 à 11h10

Après quelques incursions au-dessus de la barre symbolique des 7.000 dollars la tonne courant novembre, le cuivre s'y est installé et s'approche dorénavant de celle des 8.000 dollars. Il atteint lundi 7.800 dollars, son plus haut niveau depuis mars 2013.

La hausse du cours  « peut être attribuée à un certain nombre de facteurs », a estimé David Madden, analyste de CMC Markets, qui cite en vrac « les chiffres de l'activité manufacturière chinoise, la faiblesse du dollar et l'optimisme général sur les marchés ». Une litanie égrainée chaque semaine depuis quelque temps déjà et dont ne semble pas se lasser le marché… De fait, l'activité manufacturière en Chine a connu en novembre sa plus forte progression depuis 10 ans, selon un indice indépendant de référence, qui confirme la nette reprise de la deuxième économie mondiale. L'indice des directeurs d'achats (PMI) pour le secteur manufacturier, calculé par le cabinet IHS Markit pour le groupe de médias Caixin, s'est établi à 54,9 points le mois dernier contre 53,6 en octobre. Il s'agit de son niveau le plus élevé depuis novembre 2010.

En novembre dernier, les importations chinoises ont progressé pour le troisième mois consécutif. La hausse a été de 4,5 % sur un an (+4,7 % en octobre). C’est moins que ce qu’attendu par les analystes sondés par Reuters (+6,1 %). En revanche, les importations chinoises de cuivre ont décliné en novembre pour le deuxième mois d’affilée (-9,2 %), à 561.311 tonnes — c’est leur moins bon niveau sur le semestre écoulé. 

Berceau de la pandémie, la Chine devrait finalement être la seule grande économie à afficher une croissance en 2020, estimée à 1,9% par le FMI.

Du côté de l'offre, le ralentissement de la production chez les deux principaux producteurs - le Chili et le Pérou - en raison de la crise sanitaire, ajoute à la pression haussière, a noté Daniel Briesemann, de Commerzbank.

Toutefois, « le regain de tensions géopolitiques [il faut ajouter aux différends sino-américains l’impasse sur le Brexit, ndlr] encourage les investisseurs à prendre leurs bénéfices », indiquent les analystes de la banque ANZ. Ainsi, lundi 7 décembre, les Etats-Unis ont annoncé des sanctions contre 14 hauts responsables du Parlement chinois pour leur rôle dans l’adoption d’une loi sur la sécurité nationale controversée qui a « sapé l’autonomie de Hong Kong ». Les personnes visées par ces sanctions  (vice-présidents du comité permanent du Parlement et membres de leur famille) ne pourront plus entrer sur le territoire américain, tandis que leurs éventuels avoirs aux Etats-Unis seront gelés, et l’accès au système financier américain bloqué.

Parallèlement, d’autres analystes appellent à la prudence. « Les investisseurs intègrent déjà dans les cours une reprise solide de l’économie mondiale en 2021, il sera donc difficile pour le cuivre de maintenir les niveaux actuels l’année prochaine » a estimé un analyste. Sentiment plus contrasté pour Julius Baer, analyste pour Carsten Menke qui estime que « le cuivre avait besoin d’une pause et il semblerait qu’elle ait lieu actuellement »...

Sur le marché de l’aluminium, la tendance s’avère moins claire. Après avoir culminé à 2.080 dollars la semaine dernière, le métal léger subit de régulières prises de bénéfices le faisant revenir flirter avec le seuil des 2.000. Le recul devrait toutefois être limité dans la mesure où le cabinet de recherches Antaike table désormais sur un léger déficit du marché de l’aluminium cette année alors que les précédentes estimations faisaient état d’une offre excédentaire.

En revanche, le nickel gagne un peu de terrain, probablement soutenu par des demandes en aciéries et un recul des disponibilités en déchets d’inox compensés par du métal primaire. Le Métal du Diable gagne 200 dollars, à 16.375 dollars. L’étain consolide ses positions au dessus des 19.000 dollars. Même chose pour le plomb, au-dessus des 2.080 dollars, et le zinc, qui frôle les 2.800 dollars.

L’or tire profit de la baisse du dollar pour repasser la barre des 1.850 dollars l’once.

 

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