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Métaux non-ferreux : Trop vite ? Trop haut ?

Posté par : Christophe Véron 12.01.2021 à 12h00

De façon générale, les métaux industriels ont profité de l'optimisme du marché quant à une reprise rapide de l'activité.

C'est le cas du cuivre qui a battu en fin de semaine dernière un nouveau record depuis début 2013 à 8.238 dollars la tonne sur le London Metal Exchange (LME).

Le métal rouge, en convalescence depuis son plus bas de 2020 heurté le 19 mars dernier, à 4.371 dollars, a depuis largement dépassé son niveau précédent la pandémie de Covid-19, tiré lui aussi par la victoire démocrate, synonyme de plan de relance à même de stimuler la demande. Le Sénat américain a basculé du côté des Démocrates, ce qui donne les pleins pouvoirs à Joe Biden pour appliquer son programme de dépenses de 2 trillions de dollars dans les infrastructures du pays. « Les marchés financiers intègrent cette dernière nouvelle en provenance des Etats-Unis et, grâce aux dépenses d’infrastructure, ils anticipent une reprise de l’économie américaine », indique Xiao Fu, stratège pour Bank of China International. Carsten Menke, analyste chez Julius Baer, se montre beaucoup moins euphorique. Pour lui  l’impact sur les métaux ne se ferait pas sentir avant plusieurs années, le temps que les projets soient mis en place. « Les cours reflètent déjà les facteurs positifs liés à la reprise économique et à l’affaissement du dollar et il est probable que les cours repassent sous le seuil des 8.000 $ et se dirigent vers les 7.500 $ », un niveau plus juste selon lui.

Toutefois, après l’euphorie des derniers jours de 2020, c’est le doute qui s’installe sur le marché du cuivre. Les prises de bénéfices sont régulières, à l’instar du début de cette semaine sur fond de craintes concernant la demande alors que la Chine, qui semblait échapper à une nouvelle vague de coronavirus, a enregistré une forte hausse de nouveaux cas. Le dollar, qui a repris du terrain, pèse également sur le métal rouge. « Nous avons constaté des prises de bénéfices sur les positions longues » a souligné un négociant. « Le dollar et les cas de Covid-19 en Chine sont à l’origine de ces liquidations mais n’oublions pas que le cuivre a fait un long chemin depuis l’année dernière » a-t-il précisé, faisant référence au cours de mars dernier, à 4.371 $tonne. La Chine a enregistré sa plus forte hausse de contaminations quotidiennes depuis 5 mois. « En plus des mesures de confinement prises dans la province de Hebei, la production industrielle chinoise pourrait pâtir des conditions météorologiques difficiles, au moins à court terme » ont indiqué les analystes de Marex Spectron dans un communiqué.

De son côté, He Tianyu, analyste du CRU Group en Chine, a averti que les cours étaient trop élevés au regard des fondamentaux. D’après lui, la demande chinoise pourrait se tarir au premier trimestre 2021 en raison des congés du Nouvel An chinois et du durcissement des conditions météorologiques.

En résumé, sur une semaine, les métaux ont connu des soubresauts assez prononcés. Le cuivre a ainsi battu son record à 8.238 dollars en fin de semaine dernière, mais refluait sous les 7.800 dollars ce mardi. Même constat pour l’aluminium qui vient flirter dangereusement avec le seuil des 2.000 dollars en baisse de 30 dollars sur une semaine. Le nickel sauve la mise grâce à des émeutes en Nouvelle-Calédonie, à 17.600 dollars. Le plomb reste très attaqué et passe sous la barre des 2.000 dollars, tandis que le zinc passe sous celle des 2.800 dollars. Enfin, l’étain repasse sous la barre des 21.000 dollars.

 

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