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London Metal Exchange

LME métaux cuivre

Non-ferreux : le cuivre franchit les 6.000 dollars

Posté par : Christophe Véron 30.06.2020

Le cap des 6.000 dollars a été atteint par le cuivre en début de semaine sur le LME. Cela signifie que le métal rouge a enregistré un rebond de 21 % entre début avril et fin juin, la meilleure performance qu’il ait signée sur un trimestre depuis celui terminé en septembre 2010. La progression a été encore meilleure sur le marché à terme de Shanghai (ShFE), à un peu plus de 25% - la meilleure performance enregistrée par le contrat de référence chinois depuis le dernier trimestre de 2009.

Ces dernières semaines, les cours du cuivre ont été portés par plusieurs facteurs. On citera pêle-mêle : les soutiens annoncés par les grandes banques centrales de la planète pour faire face aux effets de la pandémie de Covid-19 sur les économies ; la baisse des stocks ; le repli du billet vert face aux autres devises, rendant plus aisés les achats de métaux par les utilisateurs de monnaies autres que le dollar. Et, « tant que les stocks resteront bas ou qu’ils diminueront, les cours continueront de monter », estime un trader de Singapour, ajoutant que les fonds CTA lançaient des achats automatiques dès lors que les cours atteignaient les 6.006 dollars. Le prochain seuil de résistance se situe à 6.075 dollars : s’il était franchi, on pourrait rapidement s’orienter vers les 6.340 dollars, estimaient les chartistes (analystes graphiques) mardi matin.

« Comme la demande semble se normaliser à nouveau progressivement en Chine et ailleurs, les acteurs du marché des métaux se tournent vers l'offre », a expliqué dans une note Eugen Weinberg, de Commerzbank. En l’occurrence, leur attention s'est arrêtée sur le Chili, où jeudi 25 juin, la compagnie publique Codelco, qui assure pas moins de 11% de la production mondiale de cuivre, a annoncé la fermeture provisoire de sa mine de Chuquicamata, située dans la région d'Antofagasta (nord), en raison de l'épidémie de coronavirus. Les inquiétudes « à propos d'un excédent de production massif sur le marché du cuivre qui prévalaient en mars ont maintenant fait place à l'attente d'un déficit. En réaction, le prix du cuivre a atteint son plus haut en cinq mois » a ajouté M. Weinberg.

Parallèlement, les opérateurs semblent avoir particulièrement apprécié que les entreprises chinoises aient renoué avec les bénéfices en mai pour la première fois en six mois. L’activité industrielle a probablement augmenté en juin, cependant à un rythme moindre que les mois précédent, selon une enquête Reuters.

Cette envolée du cuivre a modérément impacté les autres métaux de base. L’aluminium parvient à maintenir ses postions au-dessus des 1600 dollars ; une performance si l’on considère la progression des stocks dans les entrepôts gérés par la bourse de Londres qui dépassent désormais les 1,6 millions de tonnes, leur plus haut niveau depuis avril 2017. Le nickel continue d’évoluer dans une fourchette étroite, entre 12.600 et 12.800 dollars. RAS pour le zinc qui se maintient autour des 2.050 dollars tandis que le plomb regagne un peu de terrain pour venir flirter avec les 1.800 dollars. Enfin, l’étain fait preuve de stabilité à 16.900 dollars.

Au-delà des mouvement enregistrés, le marché reste plus que jamais préoccupé par l’arrivée d’une seconde vague de Covid-19, aux Etats-Unis, mais également en Amérique latine, au Brésil et en Russie. De fait, entre la deuxième et la troisième semaine de juin, les Etats-Unis ont enregistré une hausse de 25 % des nouveaux cas de contamination. Selon Reuters, le nombre de victimes a dépassé 100.000 en Amérique latine.