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Métaux non-ferreux : les opérateurs broient du noir

Posté par : Christophe Véron 05.07.2022 à 12h15

Forte baisse sur les marchés de métaux depuis maintenant deux semaines. Les métaux industriels sont plombés par les inquiétudes quant à une récession mondiale menaçant la demande, en plus d'un meilleur approvisionnement pour de nombreux métaux de base. En clair : les opérateurs semblent n’avoir d’yeux que pour les facteurs négatifs : risque de récession, hausse des taux, guerre en Ukraine, etc.

« Les préoccupations relatives à l'offre, qui existaient auparavant, se sont évaporées », résume Daniel Briesemann, analyste chez Commerzbank, rappelant les « lourdes pertes »  essuyées par les métaux au deuxième trimestre. « Les inquiétudes liées à la récession se propagent parmi les investisseurs, ce qui laisse présager une baisse de la demande de métaux », explique-t-il. « Dans le même temps, de nombreux marchés des métaux ont été mieux approvisionnés au cours des derniers mois », poursuit M. Briesemann.

« Les fabricants chinois ont connu des heures difficiles récemment. Les opérateurs craignent une poussée de l’inflation et un basculement vers la récession, mais la probabilité d’une récession est inférieure à 50 % », estime pour sa part Dan Smith, directeur général de Commodity Market Analytics. « Le marché a besoin de trouver son niveau plancher », estime-t-il. En attendant, plusieurs villes de l’est de la Chine ont renforcé leurs restrictions sanitaires, suite à l’émergence de nouveaux clusters, ravivant les craintes concernant la reprise économique du pays.

Parallèlement, les stocks de cuivre du LME ont bondi dès ce lundi de 10.000 tonnes, et totalisent actuellement 136.950 tonnes, ce qui porte à 20 % leur progression sur une semaine. ; et çà, le marché n’apprécie pas vraiment...

Le cuivre est « un bon indicateur de la santé économique mondiale, car la ductilité (le fait de pouvoir être déformé sans rompre, ndlr) et la conductivité du métal font qu'il est utilisé dans de nombreuses industries à travers le monde », explique Russ Mould, analyste chez AJ Bell. Baromètre de l'économie, le métal rouge est donc très sensible à un potentiel ralentissement de l'économie mondiale. Dès vendredi 1er juillet, il a glissé jusqu'à 7.955,00 dollars la tonne, en dessous de la barre des 8.000 dollars, pour la première fois depuis février 2021. à l’heure où nous rédigeons ces lignes (05/07), il passe sous la barre des 7.900 dollars.

 

Le complexe dans le sillage du cuivre

Les autres métaux évoluent dans  le sillage du cuivre. Sur une semaine le cours de l’aluminium HG abandonne une centaine de dollars et se rapproche dangereusement du seuil des 2.400 dollars. Le nickel est également malmené et perd 1.500 dollars sur cinq séances, à 22.340 dollars ce mardi matin. L’étain flirte désormais avec le pallier des 26.000 dollars, après avoir essuyé une perte hebdomadaire de quelque 1.600 dollars. Côté zinc, rien ne va plus : le métal perd près de 10% de sa valeur et s’approche dangereusement du seuil des 3.000 dollars. Enfin, le plomb n’est pas parvenu à sauvegarder le niveau des 2.000 dollars. La perte hebdomadaire est toutefois limitée à une cinquantaine de dollars, à 1.940 dollars.

 

Tensions à venir ?

Seul point réellement positif : le niveau exceptionnellement bas des réserves officielles de métaux. D’aucuns estiment ainsi qu’il devrait émerger des tensions sur les disponibilités dans la mesure où le renchérissement des coûts énergétiques pèse sur la production. Reste que la demande industrielle en métaux dans les pays occidentaux ne parvient pas à décoller. « L’arrivée des congés d’été est rarement propice à un rebond de la demande », a rappelé un analyste qui souligne les ravages de l’inflation qui a atteint un niveau record en juin dans la zone euro.

 

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