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cours des métaux

cuivreux inox zinc

Panorama des déchets

A l’arrêt

Posté par : Christophe Véron 23.03.2020

Le marché des vieux métaux est quasiment à l’arrêt. Les chantiers de collecte et de préparation tournent au ralenti, quand ils tournent encore. Quant aux transformateurs, nombre d’usines ont fermé leurs portes pour une durée indéterminée. Seul le trading international poursuit ses activités, mais les volumes sont très faibles.

L’aluminium cède encore du terrain cette semaine. Son cours lowest perd une quarantaine d’euros en cinq séances et se rapproche désormais dangereusement du seuil des 1400 euros la tonne. Face à la pandémie de coronavirus, la plupart des affineries françaises et italiennes ferment leurs portes. Officiellement, les usines ferment pour une ou deux semaines. Mais, dans les faits, personne ne sait au juste quand elles rouvriront. « On est au bout de la chaine. Quand les constructeurs automobiles arrêtent de produire, c’est toute la production en amont qui s’arrête », rappelait en début de semaine un affineur français. Dans ce contexte, la publication d’une cotation DIN 226 stable à 1420/1490 euros a de quoi laisser perplexe. « Les prix qui circulent actuellement ne veulent pas dire grand-chose dans la mesure où les échanges sont réduits à la portion congrue. Le marché est quasiment à l’arrêt », tente d’expliquer un opérateur.

De fait, côté déchets cette fois, les achats de la plupart des usines sont suspendus. Dans la pratique, la grande majorité des chantiers de collecte ont fermé leurs comptoirs d’achat au détail. « De toute façon, étant donné que les particuliers sont confinés, à part quelques artisans, on n’aurait vu personne », se console un marchand. Quant aux chutes neuves en usines, la production tourne tellement au ralenti que là aussi la collecte « bat  de l’aile ».

« Maintenant il faut bien voir qu’avant le confinement il y avait des tensions sur les disponibilités en déchets et que ces tensions seront encore plus vives quand le travail reprendra », prévient pour sa part un observateur.

En attendant, tenter d’articuler des prix sur un marché moribond relève de la gageure. Si l’on prend en compte la stabilité du DIN, on en déduira que les qualités d’affinage ne bougent pas. Les belles qualités devraient pour leur part enregistrer une baisse de 40 euros sur une semaine. Mais là encore il s’agit d’une pure théorie puisque les acheteurs sont absents.

 

Déchets cuivreux

Seule solution : faire le « gros dos »

En une semaine le cuivre a perdu près de 10% de sa valeur. Son cours lowest LME est ainsi passé de 4700 euros la tonne mardi dernier à moins de 4300 au début de cette semaine. « La seule solution aujourd’hui, c’est de faire le gros dos et d’attendre des jours meilleurs », constatait ce lundi un marchand. De fait, les arbitrages sont difficiles. D’une part parce que les prix moyens d’achat sont très nettement supérieurs aux prix que l’on peut désormais obtenir à la vente. Ensuite parce que les usines aux achats sont peu nombreuses. On note toutefois quelques traders présents sur le marché. Les prix rencontrés sont à manipuler avec les précautions d’usage en pareilles circonstances. Si l’on part du principe que les décotes sont stabilisées, sur la base d’un lowest à 4270 euros, la dépose vaut autour des 4250/4300 euros, le cuivre mêlé autour des 3650/3700 euros. Compter 2400/2450 euros pour du laiton mêlé.

 

Zinc, plomb, inox

Certaines usines italiennes continuent d’accepter des livraisons de vieux zinc . Son prix se situe autour des 1500 euros. On constate toutefois des disparités assez grandes suivant les destinations. 

Si le cours du plomb ne baisse pas, les usines semblent peu motivées aux achats. Le prix moyen des batteries se maintient autour des 550 euros, celui du vieux plomb à 1400.

  Il est actuellement très difficile, pour ne pas dire impossible de donner des prix sur les déchets d’inox. Le prix du 18/8 devrait très logiquement passé sous la barre des 900 euros et venir flirter celle des 800.