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cours des métaux

nickel cuivre aluminium

Panorama des métaux non ferreux : atermoiements

Posté par : Christophe Véron 21.04.2020

Marché en deux temps. Jusqu’à la fin de la semaine dernière, le cours du cuivre s'est apprécié, alors que les chiffres de la croissance de la Chine, premier importateur mondial de matières premières, ont été moins catastrophiques qu'attendu.

L'économie chinoise a connu un repli pour la première fois de son histoire au 1er trimestre, avec une baisse de 6,8% sur un an, largement imputée à l'épidémie de Covid-19 qui a quasiment mis à l'arrêt l'activité du pays, selon des statistiques officielles publiées vendredi dernier.

Cette baisse est moins prononcée que les prévisions d'un groupe d'analystes sondés par l'AFP (-8,2%). « Les marchés réagissent comme s'il s'agissait juste d'un contretemps et que la trajectoire de croissance à long terme était intacte », a commenté Jasper Lawler, de LCG.

Parallèlement, les marchés avaient apprécié vendredi dernier les déclarations du président Trump, estimant qu’il était temps de faire « redémarrer l’Amérique ».

Las, cette embellie ne pouvait guère durer. Des lundi, les métaux ont rebasculé en territoire négatif. accusant le coup de l’effondrement du pétrole hier aux Etats-Unis. Pour la première fois de son histoire, la référence américaine, le WTI, est passé en dessous de zéro dollar le baril, et a clôturé à –37,63 dollars lundi soir à New York. Explication ? Le contrat sur le baril texan pour livraison en mai expirait mardi 21 avril. Les traders qui détenaient ces contrats étaient donc tenus de trouver au plus vite des acheteurs pour les volumes physiques correspondants… mais la demande mondiale, et américaine, s’est effondrée pour cause de confinement généralisé, et les stocks approchent de la saturation. Résultat, les détenteurs de WTI à échéance mai se sont mis à brader leurs prix. Pas de quoi redonner de l’allant aux métaux, qui ont par ailleurs assez mal reçu l’annonce d’une réouverture des mines de cuivre exploitées par Glencore en Zambie.

Côté nickel, continuant de surfer sur l’annonce d’une baisse de la production du groupe Vale, le métal du diable a débuté cette semaine à son plus haut depuis le 16 mars, à 12.440 dollars la tonne, pour ensuite subir quelques prises de bénéfice le faisant refluer vers les 12.250 dollars. Malgré les baisses de production annoncées par les uns et par les autres, à Madagascar et aux Philippines notamment, le marché mondial du nickel devrait, selon un sondage effectué par Reuters, présenter un excédent de 89.000 tonnes cette année.

Du côté des autres métaux, l’aluminium est reparti à la baisse après une troisième semaine d’avril dans le vert. Il est retombé sous les 1.500 dollars à Londres, après que les stocks conservés dans les entrepôts du LME ont bondi de 46.275 tonnes en une journée. Ils dépassent désormais 1,3 million de tonnes, leur plus haut niveau depuis le 20 décembre dernier.

Le zinc fait également l’objet de prises de bénéfices, quoique limitées, pour venir flirter avec les 1.900 dollars. Le plomb cède pour sa part une trentaine de dollars, à 1.670 dollars. Enfin, l’étain titille le seuil des 15.000 dollars, en baisse de 400 dollars.

Côté précieux, la remontée du billet vert se traduit par un tassement de l’or sous les 1.700 dollars l’once.