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Aluminium : les analystes parient sur la baisse des stocks

Posté par : Christophe Véron 23.03.2021 à 11h50

La fête aura été de courte durée pour l’aluminium. Son cours s'est apprécié la semaine dernière, touchant vendredi 2.275 dollars la tonne sur le LME, un plus haut depuis le mois de juin 2018, principalement à la faveur d'une demande attendue en hausse. « Plusieurs rapports ont contribué à faire grimper le cours » de l'aluminium, explique Daniel Briesemann. L'analyste au sein de Commerzbank cite notamment celui du géant russe Rusal en marge de la publication de ses résultats annuels en milieu de semaine dernière. Malgré la seconde vague de l'épidémie de Covid-19 à l'automne, le groupe coté à Hong Kong a expliqué que le marché s'était repris et que la demande mondiale en aluminium était en « bonne voie vers une reprise complète en 2021, notamment grâce au secteur du transport ». « Parallèlement à ces perspectives optimistes concernant la demande, les acteurs du marché s'inquiètent toujours d'un resserrement de l'offre en Chine », a ajouté M. Briesemann, notamment en raison d'une attention accrue de Pékin sur les sujets environnementaux. La Chine cherche en effet à réduire la pollution liée aux fonderies, ce qui pourrait avoir comme conséquence de réduire la production, qui n’arriverait donc pas à suivre la demande. La Chine produit 60 % de l’aluminium mondial mais le gouvernement veut mettre un frein à l’augmentation des capacités de production. La Mongolie Intérieure a déjà ordonné la fermeture de certaines fonderies ce mois-ci. « Si la production du plus important producteur mondial d’aluminium diminue alors que la demande continue de progresser, alors les espoirs de voir le marché s’équilibrer dans les années à venir disparaissent » a estimé Robin Bhar, analyste indépendant.

Parallèlement, d’après les analystes, la flambée des coûts de transport, l’essor de la demande et les tensions sur l’approvisionnement en aluminium primaire et en déchets d’aluminium devraient engendrer de nouvelles hausses des cours, notamment dans les pays importateurs comme les Etats-Unis ou bien l’Europe. « Nous estimons que la demande va dépasser la croissance de l’offre de 0.3 % en 2021, une tendance qui devrait s’accentuer en 2022 pour atteindre 2.9 %. Cette situation devrait se traduire par une érosion des stocks » ont indiqué les analystes chez RBC.

Las, le marché asiatique prenait ses bénéfices dès mardi, avec une chute de 6% du métal léger à Shanghai. D’après un analyste basé en Chine, des rumeurs circulent concernant l’administration chinoise des réserves stratégiques, qui pourrait vendre du métal sur le marché. L’information n’est, pour l’instant, pas confirmée officiellement. « Depuis fin mars, les marges sur l’aluminium primaire atteignent des niveaux record, il n’est donc pas surprenant de voir la production croître drastiquement » a commenté Wenyu Yao, analyste chez ING. « La fermeté de la production domestique chinoise combinée à des importations solides impliquent un approvisionnement pléthorique sur le marché chinois et il est possible que la robustesse de la demande sous-jacente ait à se confronter à la réalité dans les mois à venir » avertit l’analyste.

 

Belle tenue du zinc

Autre métal en vedette cette semaine : le zinc dont les cours ont bondi à un niveau plus vu depuis plus de 3 ans à Shanghai, portés par les perspectives de renforcement de la demande chinoise à l’approche de la période de pic de la consommation dans le pays. « Les taux de production des entreprises de galvanisation restent élevés et la Chine va bientôt entrer dans sa haute saison en termes de consommation, les cours du zinc devraient donc rester fermes » a indiqué Huatai Futures dans un communiqué, précisant que l’approvisionnement en concentrés restait tendu. Sur le LME, le zinc progresse d’une cinquantaine de dollars et flirte avec les 2.850 dollars.

Côté cuivre, l’heure est à la nervosité… le métal rouge fluctue entre 8.950 et 9.080 dollars. Les tentatives de hausse se heurtent à de régulières prises de bénéfices. Idem pour le nickel dont le cours frise régulièrement les 16.500 dollars. Enfin, l’étain est en pleine forme, et parvient à se maintenir autour des 26.000 dollars

 

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