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Il faut une stratégie « agressive » pour protéger l’industrie européenne

Posté par : Gaëlle Le Huérou 02.12.2019

L’eurodéputée grecque Anna-Michelle Asimakopoulou a exhorté l’Union européenne à adopter une stratégie « agressive » pour défendre l’industrie européenne de l’aluminium face à la Chine et aux Etats-Unis.

Anna-Michelle Asimakopoulou, vice-présidente de la Commission du commerce international du Parlement européen, estime que l’UE doit protéger l’industrie européenne de l’aluminium en définissant un cadre institutionnel adapté pour lutter contre la concurrence déloyale. « Nous devons mener une offensive. (…) Certaines règles doivent impérativement changer si nous voulons rendre notre industrie compétitive », a-t-elle appelé.  Dans un premier temps, il faut renforcer le système de défense. « Nous devons, par exemple, permettre, aux industriels de dénoncer les problèmes de concurrence quand ils sont identifiés sans avoir à attendre un an que les preuves viennent elles-mêmes de Chine, une année pendant laquelle la Chine aura eu le temps de construire une nouvelle usine. Il faut instaurer de la transparence, c’est-à-dire contraindre la Chine à déclarer ce qu’elle fait au lieu d’utiliser Google Earth », a-t-elle suggéré.

L’industrie européenne de l’aluminium est un secteur stratégique, rappelle l’eurodéputée, qui génère un chiffre d’affaires de 40 milliards d’euros et emploie près de 1 million de personnes réparties sur 600 sites de production environ. Selon l’Association European Aluminium, en 15 ans, la Chine est devenue le premier producteur mondial d’aluminium, avec une capacité excédentaire cinq fois plus importante que l’industrie européenne. Pour y arriver, la Chine a massivement subventionné son industrie, a accordé aux producteurs des tarifs de l’électricité préférentiels, des crédits à bas coûts et investi massivement dans les infrastructures. La Chine investit également à l’étranger, comme en Serbie, où elle a injecté 1 million d’euros dans une installation subventionnée par l’Europe.

Outre-Atlantique, la politique protectionniste de Donald Trump a fragilisé l’industrie européenne.

« La production chinoise inonde le marché européen, où les prix, la compétitivité et les emplois sont en péril. La perte totale pour l’industrie européenne est estimé à 30% », précise-t-elle.

 

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