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La hausse du dollar pèse sur les métaux

Posté par : Christophe Véron 09.03.2021 à 11h30

La fermeté du billet vert — il culmine à un plus haut de quasiment trois mois et demi face à un panier de plusieurs devises de référence — pèse sur les cours des métaux.

Le cuivre peine à se maintenir au-delà des 8.900 dollars la tonne. Pour autant, et bien que les stocks soient à leur plus haut depuis le 21 janvier dans les entrepôts du LME, les perspectives restent plutôt positives pour le métal rouge : le plan de relance américain, à 1.900 milliards de dollars, est de nature à stimuler la consommation de cuivre, qui devrait également s’améliorer ces prochains mois en Chine — le deuxième trimestre est traditionnellement celui de l’année où il s’utilise le plus de métaux dans l’Empire du Milieu.

« Les importations montrent que la demande chinoise reste robuste. Nous sommes dans un marché haussier et je ne pense pas que quelque chose pourra empêcher le cuivre de progresser » a estimé Robin Bhar, analyste indépendant. Une vision corroborée par les analystes de Citi, qui voient le métal rouge atteindre 10.500 $/tonne dans les trois mois à venir, dans la mesure où l’écart entre la consommation et l’approvisionnement va atteindre un pic.

Le reste du complexe est sous pression à Londres, avec des cours qui perdent pas loin de 1,5 % par exemple pour l’aluminium, et bien davantage pour le nickel, qui sombre aux alentours de 15.800 dollars à l’heure où nous rédigeons ces lignes.

Le nickel a souffert la semaine dernière et dégringolait de près de 12% par rapport à son cours de vendredi dernier sur le London Metal Exchange, refroidi par la montée en puissance d'un acteur chinois du coté de l'offre. Il s'agit de sa pire semaine depuis fin septembre 2011.

Les informations selon lesquelles le Chinois Tsingshan Holding Group « produira en masse de la matte de nickel pourraient changer la donne » pour le marché, a estimé Wenyu Yao, analyste chez ING. « Les risques liés à l'approvisionnement en nickel de qualité pour les batteries seront beaucoup moins importants », a-t-elle ajouté, ce qui tire les cours vers le bas. De plus, l'accord trouvé jeudi 4 mars signant la reprise de l'usine de nickel du groupe brésilien Vale en Nouvelle-Calédonie tempère lui aussi les risques qui pèsent sur l'offre, alors que la demande, notamment sur le segment porteur du véhicule électrique, est amenée à croître. Le cours du « métal du diable » a été presque multiplié par deux entre son plus bas de mars 2020, quand la pandémie de Covid-19 précipitait vers le bas l'ensemble des cours des matières premières, et son dernier record fin février, à plus de 20.000 dollars la tonne, un seuil plus vu depuis mai 2014. Reste que « la vague de ventes a été brutale et certains investisseurs ont dû couvrir leurs positions, il est donc logique de constater des achats à bon compte » a indiqué Oliver Nugent, analyste chez Citi.

Concernant le zinc, on notera que, pour 2021, les frais de traitement dont doivent s’acquitter les producteurs miniers auprès des fonderies a chuté à 200 dollars la tonne (300 dollars en 2020). Explication ? Le marché mondial du zinc devrait passer d’un déficit de concentrés de 400.000 tonnes en 2020, à un excédent compris entre 200.000 et 250.000 tonnes cette année.

En résumé, d’un mardi l’autre, le cuivre perd 350 dollars à 8.900 dollars, le nickel voit se volatiliser près de 2.800 dollars à 15.850 dollars, le zinc abandonne pour sa part une centaine de dollars à 2.740 dollars, le plomb n’est pas en reste avec une perte de 120 dollars, à 1.960 dollars. L’aluminium high-grade perd une quarantaine de dollars, à 2.140 dollars. Enfin, il faut toujours une exception et c’est l’étain qui joue ce rôle avec un gain modeste de 200 dollars, à 24.375 dollars.

 

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