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Le Panama bouscule le cuivre

Panorama des métaux non-ferreux

Posté par : Christophe Véron 05.12.2023 à 11h30

Le dollar a regagné du terrain et s’est stabilisé autour d’un pic d’une semaine face à un panier de devises. « La vigueur du dollar entame l’appétit des investisseurs pour les placements risqués, indiquent des analystes d’ANZ. Cela survient dans un contexte où le marché se demande si les mesures de relance suffiront, en Chine, à contrebalancer le ralentissement des marchés développés l’année prochaine ».  « Le cuivre et les autres métaux sont étroitement liés au contexte macroéconomique. Le marché est entré dans une phase de correction », a commenté Alastair Munro, stratège chez Marex.

 

Bilan contrasté pour le cuivre

Le cuivre a poursuivi sa hausse la semaine passée, poussé par les craintes sur l'approvisionnement mondial, le Panama s'apprêtant à fermer la plus importante mine du pays. Vendredi 1er décembre, le métal a grimpé sur le London Metal Exchange (LME) jusqu'à son plus haut en trois mois, à 8.575,50 dollars la tonne. Toutefois, dès le début de cette semaine, le métal rouge subissait de régulières prises de bénéfices, le faisant refluer vers les 8.300 dollars, limitant la progression hebdomadaire à une trentaine de dollars. De fait, « les perspectives de l'offre en cuivre sont très mitigées, tant à court qu'à long terme », note Thu Lan Nguyen, analyste chez Commerzbank.

La Cour suprême du Panama a déclaré, mardi 28 novembre, « inconstitutionnel » le contrat de concession de la plus grande mine de cuivre d'Amérique centrale, dont l'approbation par le Parlement a déclenché des manifestations qui ont paralysé le pays pendant plus d'un mois. Le président du Panama, Laurentino Cortizo, a promis un processus de fermeture « ordonnée et sûre ». La mine exploitée par la société minière canadienne First Quantum Minerals (FQM) produit environ 1,5% de l'offre mondiale de cuivre, selon Ole Hansen, analyste chez Saxobank. Les opposants à cette gigantesque mine à ciel ouvert, située à 240 kilomètres de la capitale panaméenne, contestaient la légalité du contrat tout en déplorant ses potentiels impacts sur l'environnement.

Le Pérou est le deuxième producteur mondial de cuivre après le Chili, « et son industrie minière s'efforce également de trouver un équilibre, dans un contexte d'incertitude politique croissante et de probabilité de manifestations anti-mines perturbant les opérations minières », poursuit M. Hansen.

Il rappelle que la demande du « roi des métaux verts, étant donné son importance pour une transition énergétique réussie » reste forte. Dans ce contexte, « l'offre de minerai aura probablement du mal à suivre le rythme de croissance de la demande dans les années à venir, souligne Thu Lan Nguyen, de sorte que toute rupture d'approvisionnement pourrait rapidement resserrer le marché et faire grimper le cours du cuivre brusquement ».

 

Aluminium : le marché est déçu

Le cour lowest de l’aluminium HG affiche un repli hebdomadaire d’une cinquantaine de dollars, à 2.125 dollars ce mardi. Le marché sanctionne une reprise économique chinoise post-Covid bien trop lente, estiment la plupart des analystes. Ceux-là nuancent toutefois leur analyse, reconnaissant notamment que la demande a considérablement progressé dans les secteurs sensibles à la transition énergétique, mais qu’on est encore très loin du compte pour ce qui concerne les usages traditionnels dévolus au métal léger (construction et automobile notamment). Un constat qui vaut également pour les pays occidentaux (USA et Europe en tête). Histoire de noircir un peu plus le tableau, le marché voit également d’un œil sombre la hausse des stocks dans les entrepôts du LME. On estime à près de 80% le métal d’origine russe comptabilisé dans les stocks officiels, contre moins de 10% avant la guerre en Ukraine. Dans ce contexte, les analystes sont nombreux à tabler sur la persistance de surplus en aluminium l’an prochain.

 

Nickel : une fin d‘année difficile

Le Métal du Diable signe une perte hebdomadaire de 300 dollars, à 16.165 dollars. Depuis le début de l’année, la chute atteint 45%, ce qi n’empêche pas certains analystes de considérer que le mouvement baissier va se poursuivre l’an prochain, à la faveur d’une nouvelle hausse de la production indonésienne.

Le zinc subit également des prises de bénéfice. Il flirte désormais avec les 2.400 dollars (-120). Idem pour le plomb qui chute de 80 dollars, à 2.040 dollars. Enfin, l’étain fait figure d’exception avec un gain de 250 dollars, à 23.500 dollars.

 

 

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