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aluminium LME bas carbone

Les propositions du LME sur l’aluminium bas carbone inadaptées

Posté par : Gaëlle Le Huérou 29.09.2020

Londres.- Les contraintes environnementales exigent que les contours de l’industrie soient redessinés. Pour l’heure, les réponses du marché sont plutôt disparates. La bourse de Londres interroge régulièrement le marché et fait des propositions, mais celles-ci ne rencontrent  pas forcément un franc succès.

 

Dernières propositions de la bourse : un nouveau contrat de prime et une plateforme d’échanges physiques

La bourse de Londres a indiqué vouloir étoffer son offre de produits sur l’aluminium. Elle veut ainsi lancer un contrat de prime sur l’aluminium dédouané, qui sera adossé au contrat de prime de référence établi par Fastmarkets.

S’exprimant lors de la conférence internationale sur l’aluminium de Fastmarkets, le 22 septembre, Alex Shaw, directeur Développement et Recherches en produits pour le LME, a indiqué que ce nouveau contrat serait disponible à partir de 2021.

La bourse élargit ainsi son offre, après le contrat de prime établi sur le métal non dédouané, créé en mars 2019. Elle avait à ce moment là lancé sept autres contrats, dont un sur l’alumine, adossé au contrat fob Australie de Fastmarkets. Le contrat de prime sur le métal dédouané de Fastmarkets s’échange actuellement entre 135 et 140 $/t (cf p7).

La bourse prévoit également de lancer un contrat sur l’aluminium recyclé, issu des canettes usagées, pour servir le marché de la seconde fusion et mettre à sa disposition des produits bas carbone. « Nous voulons montrer que les métaux ont un rôle à jouer dans la transition écologique », a commenté Alex Shaw.

En août, la bourse a également dévoilé un ensemble de nouvelles propositions, dont une plateforme d’échanges spot et un LMEpassport, un registre numérique dans lequel les producteurs rentreraient les caractéristiques ‘durables’ de leur métal. Une consultation a été lancée sur le sujet, elle s’est terminée le 24 septembre.

 

« Pas besoin », répond le marché qui « veut décider pour lui même »

La réponse de la bourse aux besoins croissants en lien avec les normes environnementales n’est pas celle attendue par les acteurs du marché. Ces derniers estiment en effet qu’ils n’ont pas besoin d’une autre plateforme d’échange pour l’aluminium bas carbone. Ils réclament des services plus adaptés qui répondront aux besoins urgents des opérateurs, tels qu’un contrat libellé en euros pour l’acier.

La pression monte pour les investisseurs et les entreprises qui doivent répondre aux normes environnementales. Lors de la consultation menée par le LME, des sources du marché, qui n’ont pas souhaité être nommées, ont indiqué que les consommateurs possédaient déjà les outils adéquats, tels que la prime sur l’aluminium bas carbone. « Les contrats du LME donnent une indication de base. Pour les besoins additionnels – localités, producteurs, caractéristiques du métal, noms de gestionnaires d’entrepôts – il faudra s’acquitter de primes », indique un consommateur. « Les acheteurs ont la possibilité de demander un aluminium bas carbone pour lequel ils paieront un extra, pas besoin d’une nouvelle plateforme. La bourse devrait se concentrer sur des points tels qu’un contrat libellé en euros pour l’acier », estime le consommateur. « Et quant au sujet de l’eco-responsabilité, la bourse devrait laisser le marché décider pour lui-même », estime pour sa part un trader. Selon une source de l’industrie, la bourse a peur qu’un contrat distinct sur l’aluminium vert soit créé, ce qui explique son choix pour une plateforme d’échanges. « Il faut être vigilant à ne pas diviser le marché. Le contrat LME sur l’aluminium est l’un des contrats de métaux les plus liquides au monde », rappelle le trader.

 

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