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Métaux non-ferreux : tensions asiatiques sur l’aluminium

Posté par : Christophe Véron 16.03.2021 à 11h00

Le début de cette semaine a été marqué par la forte hausse de l’aluminium sur les marchés asiatiques ; la progression a toutefois été beaucoup plus modérée sur le marché de Londres. A Shanghai mardi matin, l’aluminium HG atteignait ainsi son plus haut niveau depuis août 2011, à 17.980 yuans (2.767 dollars). En Chine, l’inquiétude monte au sujet de la production de métal léger : en Mongolie Intérieure, la ville de Baotou a ordonné l’arrêt de l’activité de plusieurs sites industriels, et ce afin de réduire sa consommation d’énergie — l’idée est que celle-ci soit conforme aux objectifs fixés pour le premier trimestre. Or de nombreux fabricants d’aluminium sont implantés dans cette région. Selon l’analyste du CRU Wan Ling, les arrêts de production décrétés par les autorités locales pourraient se traduire par une baisse de 100.000 tonnes des quantités fabriquées. On est toutefois loin de la pénurie : les stocks dans les entrepôts du ShFE évoluaient la semaine dernière à leur plus haut depuis avril 2020, ceux du LME à un sommet de quatre ans. A Londres, le cours de référence progresse d’une quarantaine de dollars sur une semaine, à 2.194 dollars ce mardi.

 

Prudence sur le cuivre

Sur le marché du cuivre, la prudence reste de mise et les prises de bénéfices sont régulières et ce, malgré des indicateurs économiques positifs en provenance de Chine.  A noter que, en janvier-février, la production chinoise de 10 métaux non ferreux (dont cuivre, aluminium, plomb, zinc et nickel) a progressé de 10,6% sur un an.

Toutefois les investisseurs restent prudents en attendant la réunion de plusieurs banques centrales, notamment celle de la Fed, prévues cette semaine. « Le marché est perturbé par le regain de fermeté des bons du Trésor, et son impact sur l’appétit des investisseurs face au risque », a fait remarquer Olen Hansen, analyste chez Saxo Bank. « Certaines provinces chinoises ont appelé à réduire la production d’acier, ce qui a soulevé un vent d’inquiétude sur les marchés » a précisé l’analyste. Le gouvernement chinois a demandé à Tangshan, ville où est produite une quantité importante d’acier, de punir sévèrement les aciéries qui ne respecteraient les règles environnementales. Quatre aciéries ont été prises en flagrant délit de non-respect de réduction de la production dans le contexte actuel de pollution élevée de l’air.

Toujours à propos du cuivre, « nous voyons la demande chinoise se stabiliser en 2021, après une année 2020 très robuste et supérieure aux attentes » a indiqué Fitch Solutions, dans un communiqué. « Nous tablons sur l’arrivée de nouvelles sources d’approvisionnement en 2021, combinées avec une importante réduction des perturbations de la production liées à la pandémie. Des projets majeurs vont voir le jour au Chili, au Pérou, au Panama et même en Equateur et la production américaine va se redresser » précise le communiqué.

Sur une  semaine, le cuivre coté sur le LME gagne une petite centaine de dollars à 8.950 dollars ce mardi midi.

 

L’étain se redresse

Le cours de l'étain sur le London Metal Exchange (LME) s'est apprécié cette semaine, s'approchant du dernier sommet atteint le 25 février.

A 27.500 dollars la tonne ce jour-là, le métal blanc grisâtre, composant utile aux soudures de composants d'appareils électroniques comme les smartphones ou tablettes, retrouvait un cours inobservé en près de dix ans.

« Après une glissade fin février et début mars, le cours de l'étain s'est stabilisé et se redresse », a constaté Daniel Briesemann, analyste de Commerzbank. « Le marché mondial de l'étain, après avoir été déficitaire l'année dernière, est toujours tendu en ce début d'année », a-t-il ajouté, et « fait l'objet d'achats spéculatifs ».

Comme tout métal de base, son cours est également dépendant de la bonne santé de l'économie chinoise. Or la Chine a vu ses exportations bondir de 60,6% sur un an sur la période janvier-février selon les chiffres publiés dimanche par les douanes, un rythme de progression plus vu depuis février 1995 et bien au-delà de ce à quoi s'attendaient les analystes. Sur le LME, la tonne d'étain pour livraison dans trois mois s'échangeait à 25.650 dollars vendredi en fin de journée, pour ensuite subir quelques prises de bénéfice à 24.670 dollars ce mardi midi.

Quasi stabilité pour le nickel, à 16.054 dollars. Le plomb reflue à 1.940 dollars (-35 dollars), tandis que le zinc s’adjuge à 2.820 dollars (+70).

 

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