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cuivre aluminium LME

Un marché à la merci des taux US

Panorama des métaux non-ferreux

Posté par : Christophe Véron 09.01.2024 à 11h30

Pas de grosses surprises en ce début d’année. Alors que nous bouclons ce premier numéro de 2024, les investisseurs attendent notamment des informations sur l’offre monétaire chinoise ainsi que sur l’inflation américaine. « Le dollar continue de faire preuve de fermeté, tirant parti du report potentiel des premières baisses des taux américains », a commenté Nitesh Shah, de chez WisdomTree, qui voit là l’une des raisons qui explique la baisse des cours des métaux de base. « Si les taux sont maintenus à un niveau élevé durant une période prolongée, alors le dollar en sortira renforcé et l’appétit des investisseurs diminué, ce qui se traduira par une érosion des cours des métaux », avertit Ewa Manthey, analyste chez ING. Le yuan a dévissé à un creux de 3 semaines face au dollar la semaine dernière, ce qui rend les métaux, libellés en dollars, plus onéreux pour les acheteurs chinois.

 

Le cuivre reste fragile

Dans ce contexte, le métal rouge reste particulièrement fragile. « Le cuivre est malmené par des poussées d’achats et de ventes, commente un courtier. Des algorithmes qui animent le marché font bouger les cours en fonction de leurs stocks ». Les perturbations d’approvisionnement, côté mines, limitent les baisses de cours alors que les stocks sont minces et que la demande grandit. En Chine, l’approvisionnement en concentré de cuivre a été réduit par la fermeture de la mine Cobre, au Panama, ce qui a fait grimper les coûts des fondeurs. L’indice des prix du minerai et du concentré de cuivre, fourni par Shanghai Metals Market, a chuté à 58.63 $/t vendredi dernier. Pour mémoire, celui-ci valait 90 $/t en octobre.

Selon les prédictions des analystes de BMI, les cours du cuivre devraient valoir en moyenne 8.800 $/t en 2024, soit plus que les 8.532 $/t moyens en 2023. Pour l’heure, le cours lowest LME du métal rouge s’établit autour des 8.300 dollars.

 

Le nickel s’affaisse

Les cours du nickel ont flanché sur la semaine sur le London Metal Exchange (LME), l'abondance de l'offre par rapport à la demande, avec l'accumulation des stocks du LME et l'expansion de la capacité de production indonésienne, pesant sur le métal.

Le nickel s’est ainsi rapproché de son plus bas niveau en deux ans et demi, atteint fin novembre. Le métal souffre « depuis un certain temps de la forte expansion de la production de nickel de classe II en Indonésie », pays désormais producteur d'environ la moitié de la production minière mondiale, explique Barbara Lambrecht, analyste chez Commerzbank.

Le nickel avait été le grand perdant de 2023 parmi les métaux industriels, dévissant de plus de 45% sur l'année. « La forte croissance de l'offre a entraîné un excédent sur le marché du nickel », poursuit Mme Lambrecht. Et l'offre devrait encore dépasser la demande de 240.000 tonnes pour l'année en cours, selon les estimations de Commerzbank.

Autre signe de déséquilibre du marché en faveur de l'offre : les stocks surveillés par la Bourse des métaux de Londres augmentent de façon significative, soulignent les courtiers de Marex. Ainsi, ils ont grimpé en début de semaine à 64.896 tonnes, leur plus haut depuis juillet 2022.

Sur le LME, le cours LLME s’établissait à 16.000 dollars mardi matin. Un recul finalement assez modeste comparé à la mi-décembre (-450 dollars).

 

Alu : attention aux stocks

L’aluminium est en petite forme, avec un cours LLME à 2.180 dollars, son plus bas niveau depuis le 21 décembre. Le métal léger souffre du gonflement rapide des stocks qui dépassent désormais les 570.000 tonnes.

A noter le net recul de l’étain, à 24.150 dollars LLME (-600 par rapport à la mi-décembre). Le repli est moins prononcé pour le zinc qui titille le seuil des 2.500 dollars (-50). Seul le plomb signe une performance positive, à 2.036 dollars (+15/mi-décembre).

 

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