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Métaux de base : trop haut, trop vite ?

Posté par : Christophe Véron 14.09.2021 à 15h00

Le marché cherche manifestement ses marques et se laisse aller à quelques excès, très vite corrigés par des fondamentaux et des perspectives qui incitent à plus de prudence.

Les cours de l'aluminium et du nickel ont battu record sur record au fil de la semaine dernière et au début de celle-ci, alors que les prix élevés de l'électricité en Chine forcent les fonderies à limiter leur production, malgré une vive demande. Pour l'aluminium en particulier, un coup d'Etat en Guinée a nourri les inquiétudes des investisseurs, puisque le pays est le deuxième producteur mondial de bauxite, un minerai essentiel à la création du métal.

Lundi 13 septembre, le cours de la tonne d'aluminium a ainsi franchi la barre des 3.000 dollars sur le LME, un plus haut depuis 2008. « Si la production de bauxite était affectée par le coup d'Etat, ce qui n'est pour l'instant pas le cas, de ce que l'on sait, cela pourrait affecter la chaîne entière de production d'aluminium », a expliqué Daniel Briesemann, analyste chez Commerzbank. Pour mémoire, les cours du métal léger ont bondi de 50 % cette année, et de 15 % rien que ces trois dernières semaines.

Pour sa part,  le nickel a culminé vendredi 10 septembre à 20.705 dollars la tonne, un plus haut depuis mai 2014.

Les plus hauts des deux métaux « sont dus à des perspectives d'offre restreinte et d'envol de la demande, notamment avec la transition énergétique » qui dope les besoins de métaux industriels, note Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank - le nickel est par exemple utilisé pour fabriquer certaines batteries électriques. « Les efforts chinois pour réduire les émissions affectent les industries très gourmandes en énergie qui produisent l'aluminium et le nickel », ajoute-t-il. « Par ailleurs, l'annonce d'un appel téléphonique entre Xi Jinping et Joe Biden, alors que la Maison Blanche réfléchit à la manière dont les droits de douane doivent évoluer, fait espérer aux marchés que les tensions commerciales vont s'apaiser », commente Al Munro, courtier chez Marex Spectron. « Le yuan s'apprécie, les métaux s'apprécient », énonce-t-il: quand la monnaie chinoise monte face au dollar, les investisseurs du premier importateur mondial de matières premières gagnent en pouvoir d'achat.

Le cuivre a suivi cette tendance haussière, repassant au-dessus des 9.000 dollars lundi 13 septembre. Il subissait toutefois d’importantes prises de bénéfice dès le lendemain.

 

Une ambiance plus timorée

Toutefois, après plusieurs séances de fortes progressions, les marchés de Londres et de Shanghai battent en retraite mardi, les opérateurs faisant preuve de prudence à quelques heures de la publication des chiffres de l’inflation américaine en août : après l’envolée à 5,4 % sur un an au mois de juillet, les investisseurs se demandent si août marquera une accalmie. « Certains chocs ponctuels ont commencé à se modérer, mais un repli significatif n’est pas attendu avant 2022 », estime le cabinet Oddo BHF. L’inflation est une composante majeure de la politique monétaire américaine, et cette dernière peut affecter les liquidités sur les marchés financiers, la reprise économique mondiale et l’évolution du dollar — trois facteurs qui influent sur les cours des métaux industriels.

A noter que les autres métaux (zinc, plomb et étain) se sont inscrits dans le sillage de l’aluminium et du cuivre, subissant  eux-aussi de régulières prises de bénéfice.

 

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