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Métaux non-ferreux : écartelés entre prudence et optimisme

Posté par : Christophe Véron 02.03.2021 à 11h45

Le cours du cuivre échangé sur la Bourse des métaux londonienne (LME) a connu une semaine dernière particulièrement nerveuse. Jeudi 25 février, à 9.617 dollars la tonne, il s’approchait de la barre fatidique des 10.000 dollars, plus franchie depuis le 15 février 2011 (avec un plus haut historique ce jour là à 10.190 dollars)… pour ensuite refluer.

Pour Anna Stablum, de Marex Spectron, le contexte est plus que favorable à une hausse des cours avec un dollar américain malmené, propre à encourager les achats de métaux libellés en dollars, « et une inflation probable en raison de l'apport de liquidités à travers les différents plans de relance ». Le cours du métal rouge est également tiré par la demande notamment chinoise, le pays engloutissant la moitié de la production de la planète. C'est en tout cas ce qu'a de nouveau pointé le Groupe d'étude international du cuivre (ICSG) dans son dernier rapport mensuel, chiffrant à +14% l'augmentation de la demande apparente de cuivre en Chine entre janvier et novembre 2020. La production étant quasi stable, en résulte pour cette période l'an dernier un déficit de métal rouge de 590.000 tonnes, selon l'institut.

Toutefois, on note un repli du marché chinois des métaux ces dernières semaines qui s’explique principalement par le recul de l’indice PMI de l’activité manufacturière dans l’Empire du Milieu, passé de 51,3 en janvier à 50,6 en février — son plus faible taux de croissance en neuf mois, avec des ralentissements dans la production, les nouvelles commandes et les échanges extérieurs, explique le Bureau national des statistiques (BNS). Cette baisse reste toutefois à relativiser, les ralentissements évoqués étant liés aux congés du Nouvel An lunaire, du 11 au 17 février.

« Le sentiment des investisseurs à l’égard des métaux de base, plus particulièrement ceux qui participeront à la transition verte tels que le cuivre, le nickel et le lithium, reste très positif, ce qui va vraisemblablement pousser les cours à la hausse à court terme » a indiqué Fitch Solutions dans un rapport. « Nous estimons cependant que les cours devraient prochainement atteindre leur pic et reculeront dans les mois à venir. La flambée actuelle des cours découle d’un sentiment exagérément haussier vis-à-vis du redressement de la demande et de la décarbonation, et nous pensons qu’une vision plus nuancée des fondamentaux émergera dans les trimestres à venir. »

L’étain chute lourdement

Le cours de l’étain a attaqué cette semaine sur une note franchement négative. Il a ainsi dévissé de plus de 10 % dès l’ouverture lundi 1er mars, conséquence des prises de bénéfices des investisseurs après les ventes techniques qui ont suivi les pics atteints la semaine dernière. A la mi-journée, l’étain affichait un repli de 8.7 %, à 23.415 dollars, en route pour enregistrer sa plus importante chute journalière depuis 2008. Pour mémoire, le métal gris, utilisé notamment dans l’électronique, a bondi à un niveau inédit depuis août 2011 jeudi 25 février, à 27.500 dollars.

« Les cours ont progressé de manière exponentielle, pas seulement pour l’étain, mais pour tous les métaux et les investisseurs ont saisi l’opportunité pour liquider leurs positions » a expliqué Robin Bhar, analyste indépendant. « Les fondamentaux de l’étain demeurent solides et la révolution verte devrait permettre à la demande de rester robuste » ajoute-t-il.

Les autres métaux (aluminium, nickel, plomb et zinc) évoluent dans des marges étroites. L’aluminium HG se maintient au-dessus des 2.100 dollars ; le nickel cède un peu de terrain à 18.640 dollars, suivi par le zinc (2.790 dollars) et le plomb 2.050 dollars)

 

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