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cours des métaux

LME cuivre métaux

Non-ferreux : Chine vs USA, Covid, ‘No-deal’ : un marché semé d’obstacles

Posté par : Christophe Véron 14.09.2020

Valse hésitation pour les métaux de base qui ont évolué ces derniers jours au gré des tensions commerciales, des espoirs de prochaine mise sur le marché d’un vaccin anti-Covid, et d’indicateurs économiques chinois plutôt positifs ; du moins en août.

En fin de semaine dernière, « les tensions géopolitiques ont pesé sur (le cuivre) après que le président américain a dit qu'il ne repoussera pas la date limite (fixée au 15 septembre) pour que ByteDance vende TikTok aux Etats-Unis », a expliqué Anna Stablum, analyste pour Marex Spectron. L'application de partage de vidéos se retrouve depuis des semaines au cœur du conflit politique et commercial entre Washington et Pékin. Le président américain l'accuse, sans preuve, d'espionnage pour le compte de la Chine.

Les métaux de base restent cependant à des niveaux proches de leurs plus haut en plusieurs mois, atteints début septembre. Selon Daniel Briesemann, analyste pour Commerzbank, la récente hausse est alimentée par les espoirs d'un vaccin, d'une reprise économique plus rapide et par un affaiblissement du dollar. Mais, toujours selon M. Briesemann, le marché accuse un excès d'offre par rapport à la demande, et une correction n'est pas à écarter.

Dans le cas du cuivre, on peut dire que  le rebond des cours a, en très grande partie, été porté par la demande chinoise, même si cette dernière semble commencer à s’éroder un peu. Elle paraît toutefois encore assez solide aux experts de l’agence de notation Fitch, qui viennent de relever de 100 dollars leur prévision de moyenne 2020, à 6.000 dollars la tonne. Ils se sont montrés encore plus optimistes pour 2021, avec une prévision de moyenne qui a augmenté de 200 dollars par rapport à la précédente, à 6.300 dollars.

Automobile

‘No deal’ : la catastrophe de trop

Parallèlement, déjà très affectée par les conséquences économiques de la crise sanitaire, l’industrie automobile s’inquiète de plus en plus d’un possible échec des négociations sur le Brexit. Les constructeurs ont ainsi averti lundi qu’un « no deal » entre l’Union européenne et le Royaume-Uni infligerait à la filière une chute des échanges commerciaux de 110 milliards d’euros sur cinq ans. Le coronavirus a entraîné quant à lui environ 100 milliards d’euros de perte de production au secteur. « Les économies et les emplois des deux côtés de la Manche sont sous la menace d’un deuxième coup dévastateur sous la forme d’une absence d’accord », préviennent les professionnels du secteur. Le Royaume-Uni et l’UE produisaient au rythme de 18,5 millions de véhicules par an avant la crise. Cette année, la filière estime que 3,6 millions d’unités ont déjà été perdues à cause de la pandémie. Les conséquences pour le marché de l’aluminium risquent donc d’être dévastatrices, estiment la plupart des observateurs.

En résumé, sur une semaine le cuivre enregistre une progression d’une cinquantaine de dollars, à 6.785 dollars ce mardi. L’aluminium gagne pour sa part une vingtaine de dollars pour refranchir la barre des 1.800, à 1.805 dollars. Belle progression également pour le zinc à 2.515 dollars (+55 dollars). Le nickel suit le mouvement avec 120 dollars de hausse, à 15.245 dollars. Plomb et étain se révèlent mauvais élèves de la semaine, à respectivement 1.932 dollars (-20) et 18.085 dollars (-150).