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Non-ferreux : la Chine se relève, le cuivre s'envole

Posté par : Christophe Véron 07.07.2020

Les cours des principaux métaux industriels consolident leurs positions sur le London Metal Exchange (LME), le cuivre culminant mardi 7 juillet en début de séance à 6.172,50 dollars, son plus haut depuis le 22 janvier dernier, pour ensuite refluer aux alentours de 6.135 dollars. Même constat sur le marché à terme de Shanghai (ShFE), où le contrat le plus négocié sur le métal rouge a touché en cours de séance son plus haut depuis le 30 décembre, à 49.620 yuans (7.074 dollars). « La reprise de l’activité en Chine, les mesures de soutien fiscal, et les perturbations de la production ont profité aux métaux industriels, particulièrement au cuivre », résume le groupe bancaire océanien ANZ. « Même si les indicateurs chinois sont plutôt positifs concernant l’évolution de la demande dans les prochains mois, nous estimons cependant que la reprise restera fragile tant que le monde devra composer avec l’épidémie de Covid-19 », nuance-t-il toutefois.

«Les bons chiffres macro et les indices PMI pour juillet supérieurs aux attentes dans l’industrie comme dans les services semblent montrer que la Chine tourne rapidement la page de la pandémie de coronavirus, souligne Vincent Juvyns, stratégiste chez JP Morgan AM. Cela rassure les investisseurs sur la capacité du pays à retrouver dès la fin de cette année son niveau de PIB de fin 2019

Reste que « le cuivre est particulièrement exposé à la chine, premier pays à être sorti de la crise sanitaire où la demande réelle devrait rapidement retrouver son niveau de l’an dernier », estime pour sa part Julius Baer, analyste pour Carsten Menke. Les chiffres des importations chinoises de cuivre en témoignent : la Chine a importé 436.030 tonnes de cuivre en mai, un volume en retrait de 5,5% sur un mois mais en hausse de 20% sur un an.

Certains analystes techniques (chartistes) se montrent quant à eux bien plus prudents. Tel Gianclaudio Torilizi, consultant chez T-Commodity à Milan, qui estimait en fin de semaine dernière le cuivre « largement suracheté » et considérant que le métal rouge devait abandonner 500 dollars pour sortir de la zone de surchauffe. Pour l’heure, force est de constater que les fondamentaux sont plutôt de nature à soutenir les cours : ces derniers sont passés en backwardation, ce qui illustre des tensions sur les tonnages immédiatement disponibles. De fait, les stocks conservés par le LME sont tombés à leur plus bas niveau depuis le 13 mars.

Le métal rouge « connait une reprise en forme de V qui a permis d'effacer presque toutes les pertes depuis le début de la pandémie », ont constaté les analystes de ING. Selon eux, cette tendance est alimentée par une combinaison de facteurs. Parmi eux les mesures de relance budgétaire des Etats-Unis et une forte demande de la Chine. Les difficultés que traverse le Chili alimentent également cette reprise des cours du cuivre car elles pèsent sur l'approvisionnement mondial en métal rouge. Le premier producteur mondial de cuivre totalisait en milieu de semaine dernière plus de 280.000 cas, dont 5.753 décès confirmés via des tests et près de 9.000 morts si l'on prend en compte les cas « probables ». Codelco vient ainsi d’annoncer l’arrêt provisoire des travaux visant à étendre le site minier de El Teniente.

La hausse de près de 200 dollars du cuivre sur une semaine impacte toutefois assez modérément les autres métaux. L’aluminium HG reste ainsi relativement stable, autour des 1600/1630 dollars. Idem pour le zinc, à 2045 dollars. Le plomb gagne une dizaine de dollars à 1787 dollars. Seuls le nickel et l’étain enregistrent des progressions significatives, à respectivement 13.300 et 17.110 dollars.