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Non-ferreux : la production chinoise poursuit son redressement

Posté par : Christophe Véron 23.06.2020

Le marché reste au milieu du gué, partagé entre le risque d'une deuxième vague de nouveau coronavirus et de bons chiffres industriels en Chine.

« Les métaux de base restent sous pression (...) avec les craintes d'une éventuelle seconde vague d'infections au Covid-19 », ont estimé Warren Patterson et Wenyu Yao, analystes chez ING.

Après avoir jugé la situation épidémique à Pékin « extrêmement grave » en début de semaine, la Chine a finalement affirmé jeudi que le regain de contaminations au coronavirus, notamment dans la capitale, était « sous contrôle ».

Par ailleurs, « la reprise de la production industrielle chinoise a donné un certain espoir d'amélioration progressive des conditions économiques », ont ajouté les analystes chez ING, favorables à la consommation, entre autres, d'aluminium.

La production industrielle de l'atelier du monde, qui s'était contractée de 13,5% sur les deux premiers mois de l'année, a poursuivi son redressement en mai, à +4,4%, après un gain de 3,9% en avril, selon des chiffres publiés lundi par le Bureau national des statistiques.

Par ailleurs, le marché a été quelque peu perturbé en début de semaine par les déclarations de Peter Navarro, directeur de la politique commerciale et manufacturière à la Maison Blanche, qui a répondu à Fox News que « c’était fini » lorsqu’on l’a interrogé sur l’accord commercial sino-américain.  Une ‘bourde’ manifeste que Donald Trump s’est empressé de corriger pour affirmer lundi soir que l’accord « est toujours en vigueur ». De son côté, P. Navarro a corrigé le tir en expliquant : « Je parlais simplement du manque de confiance que nous avons maintenant envers le Parti communiste chinois suite aux mensonges sur les origines du virus (…). »

Côté cours, sur une semaine, les métaux ont évolué de façons contrastées. Toujours prudent,  Daniel Briesemann de Commerzbank se méfie d'un excès d'optimisme sur le marché: « l'aluminium à 1.600 dollars (la tonne) est toujours trop cher » explique-t-il dans une note, mettant en avant des stocks très importants.

Le cuivre s’en sort nettement mieux que le métal léger, se hissant dès de le début de semaine à près de 5900 dollars, pour ensuite subir quelques prises de bénéfices. Dans les entrepôts du ShFE, les stocks sont tombés vendredi dernier à un plus bas de 17 mois. Les réserves diminuent également dans les magasins gérés par le LME, ce qui est de nature à apporter un peu de soutien aux cours, par ailleurs soumis aux effets négatifs du rebond du billet vert.

A propos du métal rouge, « le sentiment sur marché s’est amélioré. La demande chinoise est forte, cela se traduit dans les chiffres des importations et la baisse des stocks », commente Timothy Wood-Dow, analyste pour BMO. « Pour que les cours augmentent davantage, il faudra que les volumes d’échanges s’étoffent un peu plus, ce qui viendra avec la reprise de l’activité dans les pays occidentaux », estime-t-il.

Un bémol de taille toutefois : le marché mondial du cuivre affiné a présenté un excédent de production de 130.000 tonnes au premier trimestre de cette année, indique-t-on à l’ICSG (International Copper Study Group). Un an auparavant, on parlait d’un déficit de 12.000 tonnes. A noter toutefois que l’excédent s’est un peu tassé entre février et mars.

Les autres métaux connaissent des fortunes diverses. Le zinc progresse un peu, gagnant une cinquantaine de dollars, à 2065 dollars. Tassement en revanche pour son métal frère le plomb qui reflue à 1763 dollars, en baisse de 15 dollars. Le nickel abandonne de son côté 300 dollars, à 12.600 dollars. L’étain reste stable à 16.850/16.900 dollars.