Les matières premières ont, ces derniers mois, enregistré de fortes envolées de leurs cours. La crise énergétique et les tensions géopolitiques ont, certes, servi de catalyseurs, mais ce ne sont pas les seules causes : la baisse de la liquidité sur les marchés à terme des matières premières en est une autre. Pour couvrir leurs arrières, les chambres de compensation des bourses exigent des marges plus élevées. Elles sont de 60% pour le gaz par exemple, a indiqué Christophe Salmon, directeur financier du négociant Trafigura, en marge de la présentation du rapport Cyclope. Conséquence, les producteurs, les négociants et les industriels, sortent des marchés à terme, ce qui assèche les liquidités sur ces marchés et crée de la volatilité. Les liquidités ont baissé de 25 à 30% pour les matières premières, a souligné Christophe Salmon. L’effet est donc pervers puisque les marchés à terme servent normalement à se prémunir des risques de volatilité. En outre, ils deviennent décorrélés de la réalité. L’incident survenu sur le marché du nickel en mars dernier en est une bonne illustration.